Mon histoire

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Je ne suis pas tombée du jour au lendemain malade comme on attraperait un rhume.
Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant « Tiens et si je devenais anorexique ».
Il m’est difficile aujour’dhui, après huit ans de maladie de déterminer précisément le moment auquel je suis véritablement devenue anorexique. Le moment où la maladie a recouvert ma personnalité en s’emparant de mon corps.
Cependant je peux affirmer que c’est à l’âge de douze ans que j’ai été officiellement diagnostiquée anorexique par mon médecin.
Effectivement, lors de la campagne de vaccination de la grippe H1N1, j’ai eu une visite médicale au collège au cours de laquelle l’infirmière du collège m’a pesée. Le constat a été sans appel, face à la maigreur alarmante que j’avais réussi à dissimuler jusque là, elle a convoqué ma Maman à qui elle a confié ses inquiétudes concernant mon état de santé.
À partir de ce moment là tout est allé très vite, et moi qui pensais contrôler la situation, j’ai complètement perdu la maîtrise de ce qu’il était en train de se passer.
J’ai d’abord vu mon médecin de famille qui, tout aussi alarmée que l’infirmière, m’a envoyé à l’hôpital. Pour le coup, du jour au lendemain, ma vie a changé. Je n’ai plus pu aller au collège, j’ai été hospitalisée en urgence dans le premier hôpital qui disposait d’une place pour m’accueillir. Pour me sauver. Littéralement coupée de la société – la rupture aurait dû me permettre de me confronter à la maladie – j’ai disposé de beaucoup de temps. Pour penser. Réfléchir. Et notamment écrire. Après avoir atteint le poids qui conditionnait ma sortie de l’hôpital et ma réintégration à la vie réelle, j’ai réuni tous ces écrits au sein d’un blog : La Faim du Petit Poids. Ce fut une première porte d’entrée avec les réseaux sociaux pour moi bien que je possédais déjà un compte Facebook. J’ai pour la première fois expérimenté l’utilité des réseaux pour échanger, partager et transmettre virtuellement avec une communauté. Mon blog et La communauté qui s’est constituée autour de moi m’ont considérablement aidée puisque c’est grâce à ce soutien invisible que j’ai réussi à m’affranchir de nombre de problématiques auxquelles me condamnait l’anorexie.

Voilà pourquoi. Voilà comment j’ai eu l’idée de lancer la plateforme communautaire The Brindilles.

Assez de la solitude. Fatiguée de l’isolement.
Il fallait trouver une solution à cette anorexie qui m’emmurait vivante.
Fermer la bouche pour ne pas manger. Fermer la bouche pour ne pas parler. Il aurait aussi fallu que j’arrête de respirer.
Mais j’ai dit non. J’ai refusé l’oppression. J’ai résisté aux injonctions.

We are many. A souffrir. A subir.
Et si on était many, à se soutenir ?

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